« C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe »
Si ce proverbe illustre bien la force de l’expérience pour réaliser les meilleurs choses, elle ne raconte pas comment le jeune pot est devenu vieux, à force de répétition, d’essais ! ce proverbe oublie aussi de vous parler du type de soupe que vous y cuisinez… Pour être un peu plus dans les recettes et le retour d’expérience aujourd’hui – bref du design, un partage de plusieurs recettes qui racontent la même soupe. Après tout, “we learn to do something by doing it, there is no other way” (John Holt)…
Bref dans les cuisines aujourd’hui, des recettes d’un “side project” d’un designer.
Première itération : la tasse de café sociétale (2008)

En 2008, il semble que je pratiquais déjà le design d’expérience et surtout le co-working au Starbucks ! Voilà ce que j’écrivais sur mon blog de typepad pour décrire le design sociétal (aujourd’hui, on dit design systémique ?) – pas réellement un produit à ce stade, plus une prémisse d’un modèle conceptuel pour visualiser la complexité :
Si on passe un objet à la machine à rayon X sociétal, voilà ce que cela donne (zom zom zom zom, c’est le rayonnement de la machine…). Pour la pédagogie, prenons une tasse de café, genre Starbucks… Mais ça devrait marcher aussi pour un service.
- La dimension fonctionnelle : Ce à quoi le produit ou le service doit servir. Contenir la boisson, vendre de la musique, vendre un produit financier…
- La dimension expériencielle : L’expérience personnelle et intime vécue lors de la consommation de son café, ou de son service. L’émotion immédiatement générée au delà de la dimension fonctionnelle. (je sais, y’a une faute d’orthographe dans le dessin, j’ai un peu la flême de mettre à jour…)
- La dimension culturelle : L’expérience sociale de boire son café. On ne boit pas le même café dans un café parisien et dans un Starbucks… Ni à Milan, on ne le boit pas de la même manière avec des amis proches ou des collègues.
- La dimension sociétale : L’expérience globale et personnelle à la fois. Je reprends mon exemple de Starbuck où l’on vous garantie que le café que vous buvez est de commerce équitable. Donc vous buvez égoïstement pour le bien de la planète. Au delà du cliché déculpabilisant, c’est la connection personnelle / globale qui est sociétale. Responsable. De la même manière, vous pouvez rester toute la journée affalé dans votre fauteuil si vous le voulez. Vous êtes responsable. Pas de garçon de café pour vous donner mauvaise conscience.
Seconde itération : le jeu des 9 dimensions (2015)
En 2015, j’intègre une entreprise, un projet assez fou, qui abrite en son sein différentes entreprises, avec des cultures métiers complètement différentes et variées. Ma mission ? Comment créer un terreau commun, une culture commune. Mon levier un lieu d’innovation et un framework méthodologique pour enrichir un produit / service. (Le retour d’expérience sur un article sur mon linkedin) :


Le lieu avec un mobilier designé par Armand Delsol – lieu d’innovation, de collaboration, de workshop, d’apprentissage. Bref un tiers-lieu d’entreprise quoi.



Et le prototype du jeu des 9 dimensions, pour enrichir un produit / service de :
- Dimension tangible : comment le projet s’incarne en lieu, en objet…
- Dimension intangible : comment le projet s’exprime en services, contenus…
- Dimension fonctionnelle, utile : a quoi sert le projet, a quel besoin répond-t-il…
- Dimension émotionnelle : comment le projet résonne dans le coeur des gens…
- Dimension sociale : comment le projet interconnecte les personnes entres elles…
- Dimension éthique : comment le projet contribue à faire avancer le monde…
- Moment avant… : comment le projet existe AVANT son acquisition par le client…
- Moment pendant… : comment est le premier moment de vérité…
- Moment après… : comment le projet peut être personnalisé par ses utilisateurs…
Un framework / méthodologie / approche design pour s’assurer d’une idée, un projet résonne dans toutes les dimensions et sensibilité des utilisateurs visés et qu’il y a une cohérence avec le parcours et l’expérience client et l’ambition de l’entreprise.
Troisième itération : Manifestorama et Manifest-O-Matic (2025)
Dernière itération, c’est Manifestorama à la fois une offre pour travailler sur la raison d’être d’une entreprise en pleine transition – et servir de fil rouge à l’expérience employé et client en alignement. C’est également le thème de la newsletter de shaper school – un autre “side project” – une nouvelle école de l’innovation.


Une newsletter sous forme de livre de recette pour rédiger votre manifeste, aidé par des questions à résoudre. Le manifeste, à la fois comme le terreau fertile et le véhicule du récit et de l’imaginaire de votre projet. Vous pouvez trouver une version PDF téléchargeable ici !
Et vous, quelles sont vos convictions ?
Ces trois itérations ont été ponctuées de différentes déclinaisons de l’approche holistique et systémique du design et autres expérimentations nécessaires (en ateliers avec la Fondation de France, avec des écoles de design, avec des entreprises aussi et même une version pour les enfants !).



En design, comme en écriture, en art, en cuisine bien sûr, on a toujours une vieille ritournelle qui reviens nous hanter, de façon plus ou moins explicite !
Et vous, quelles sont les convictions qui vous hantent et se manifestent dans vos produits et projets, l’air de rien ?
Bon appétit !
Publié initialement le 15 juillet 2025 dans Dans les cuisines, la newsletter Substack.



