
Dessine moi un mouton : pour expliquer aux enfants les terribles batailles de la nouvelle « nouvelle économie ». Un schéma pour visualiser la communication autour du produit, calqué sur un système organique pour mieux comprendre les interactions des acteurs concernés.
« Petite scène de vie autour d’un nouveau produit (le petit cube rouge) : distributeurs et consommateurs sont en place… Qui va bouger le premier ? »
Casting :
Dans le rôle des consommateurs
- (A) Gourou du marché : artiste, journaliste, star… porteurs volontaires – ou à l’insu de leur plein gré – de votre produit, ils tracent une direction en faisant une mode, un nouvel usage.
- (B) Leaders d’opinion : ils précèdent tout juste la mode et drainent autour d’eux des centaines de fans… ce sont des concierges de communautés !
- (C) Communautés : qu’elles soient hypes, technos, teens, acquises… elles suivent leurs leaders d’opinion respectifs.
- (D) Jacques Dupont : le gras du marché, quand un produit est culturellement acquis et popularisé, il devient enfin un objet de grande consommation. C’est le jackpot !
Dans le rôle des « gentils » (souvenez vous, nous sommes du côté de la marque et du produit) : les vendeurs et les distributeurs du produit
- (1) Distributeur internet : opportuniste, rapide, réactif, hyperspécialisé… aussi efficace qu’un moustique mutant de Mururoa !
- (2) et (3) Magasins traditionnels physiques : moins réactifs, mais grosse machine de guerre quand même. Le parcours du combattant si vous n’êtes pas un produit populaire… passez d’abord le boss de niveau I (2) c’est à dire la direction des achats… et ensuite, vous devez former les vendeurs (3) pour qu’ils vous placent dans leurs ventes… ce n’est pas gagné !
Je vous laisse imaginer tous les scénarios de cet écosystème. Quelques suggestions qui feront de bons blockbusters :
- La bête à deux têtes : doit consommer deux produits en même temps pour se nourrir ( bon, ça existe déjà : ipod + itunes)
- La bête rampante sans pied : vous en êtes une si vous pouvez acheter une Ferrari
- L’alliance du moustique et de la limace : quelques marques physiques qui ont également des webshops commencent à avoir des positionnements complémentaires et pas seulement une simple transposition du positionnement commercial. On trouve par exemple quelques étiquettes : « produit exclusivement sur internet » mais cela reste timide.
Cette timidité restera tant que la décision ne sera pas prise sur la complémentarité attendue de ces deux canaux de diffusion : le net doit-il m’amener des clients physiques en magasin ? ou le contraire ? ou les deux à la fois ? est-ce que je scie la branche de mes franchisés ?
P.S. / Je posterai plus tard la version hardcore de ce schéma, avec l’intégration de la fabrication du produit. Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas !
Article publié initialement le 11 août 2006 sur le blog « anuhi lou / Design sociétal + Innovation du quotidien » (aveia.typepad.com), rubriques : nouveaux usages, pédagogie, visualisation.


