Cher Tetiama : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »

14/01/2024

Cher Tetiama,

«Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »

Te connais certainement cette fameuse citation attribuée à Lavoisier sur la conservation de la masse lors du changement d’état de la matière. Je te propose de parler de masses respectives, entre le pilote, la monture, les sacoches et autres accessoires.

Dans nos vies citadines nous avons tendance à être en surpoids malgré la facilité d’accès à la nourriture. Je ne parle pas ici pour des raisons esthétiques ou de santé, mais dans une perspective purement pratique.

Partons sur l’hypothèse que tout compris, tu es à 100 kg – mais vraiment tout compris. Bien sûr que perdre quelques kilos te permettrons d’être plus performant lors des longues montées – des montées tout court d’ailleurs… Mais ces kilos économisés sont aussi des crédits que tu peux utiliser à ta guise :

Pour des crédits de confort :

Mieux dormir : une tente plutôt qu’un bivy, pour être plus reposant le soir ?

Mieux s’assoir : une selle plus lourde, mais plus confortable pour 12 heures de roulage ?

Pour des crédits d’assurance :

Mieux boire : une gourde pleine en plus pour être plus à l’aise ?

Mieux se protéger : une veste en plus pour être plus rassuré sur le temps ?

Pour des crédits de performance :

Plus de souplesse : rien du tout en plus, juste pour te donner plus de possibilités sur la route !

Plus léger : et puis, ça monte quand même hein !

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme dans cette limite. Comme tu peux le voir, cela te donne tout simplement plus de liberté dans le voyage; d’être aiguisé le jour du départ.

Mais ne t’en fais pas, que tout l’équipage pèse 150, 100 ou 50 kilogrammes tout compris, il y a toujours un moment du « Mais pourquoi j’ai pris ça ?? Ça ne sert à rien ! » – même si, le plus objectivement, ce fameux « ça » peut peser 50 grammes ou 200 grammes – ils sont un poids à la fois sur la balance et dans la tête.

Ce sera l’occasion aussi, au fil des kilomètres, d’explorer ce qui est de l’ordre du nécessaire et du superflu, en voyage comme dans la vie.

Tu en as dû déjà avoir l’expérience en atelier ou en studio aussi, sur un projet : le juste équilibre, cette sensation où un trait, une caractéristique supplémentaire n’est plus nécessaire. Là ou, après la phase d’exploration ou l’on accumule les idées, les initiatives pour provoquer une cohérence, une histoire, celle-ci émerge enfin et qu’il s’agit maintenant de faire la simplification – et c’est le plus dur : une approche minimale et efficiente. C’est le temps de l’épure, de la simplification, où chaque élément doit être efficace et élégant.

Et toi, comment détermines-tu la limite entre l’essentiel et le superflu ? Partageons nos expériences sur l’équilibre entre nécessité et excès, que ce soit dans nos aventures ou dans nos quotidiens.

Publié initialement sur Facebook, le 14 janvier 2024.

Anuhi Lou